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La reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur change profondément le sort d’un salarié victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Les décisions récentes de la jurisprudence modifient la manière dont se répartit la charge de la preuve et obligent à repenser les stratégies contentieuses. Cet article décrypte les règles essentielles, les conséquences juridiques et les étapes pratiques pour agir efficacement lorsque la sécurité au travail a été compromise.
Comment se définit la faute inexcusable de l’employeur ?
La notion renvoie à l’obligation légale de sécurité de résultat qui pèse sur l’employeur. Il s’agit d’un manquement grave lorsque l’employeur avait connaissance du danger ou aurait dû l’avoir et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger le salarié. La faute inexcusable couvre tant les maladies professionnelles que les accidents du travail.
Comment prouver la faute inexcusable de l’employeur et obtenir réparation ?
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Plusieurs arrêts emblématiques ont précisé ce cadre en matière d’exposition à des substances comme l’amiante. La jurisprudence retient deux éléments cumulatifs essentiels. D’abord la conscience du risque par l’employeur et ensuite l’absence des protections ou procédures adaptées.
Lorsque ces critères sont réunis, la responsabilité de l’employeur se trouve engagée si son comportement a constitué une cause nécessaire de l’accident ou de la maladie. Il importe peu que le manquement ne soit pas la seule cause déterminante de la pathologie.
Qui doit prouver l’exposition au risque ?
La répartition de la charge de la preuve a évolué récemment sous l’impulsion de la Cour de cassation. Jusqu’à présent, l’employeur qui contestait le lien de causalité supportait souvent la charge de la preuve. La nouvelle orientation jurisprudentielle modifie cette présomption dans certains cas.

Désormais, il appartient au salarié qui cherche la reconnaissance de la faute inexcusable de démontrer qu’il a été exposé au risque pendant la période où il travaillait pour l’employeur visé. Cette exigence devient déterminante notamment lorsqu’un salarié a connu plusieurs employeurs susceptibles d’avoir contribué à l’exposition.
Dans la pratique, la preuve repose sur des éléments médicaux, des certificats, des fiches de poste, des témoignages et des documents techniques relatifs aux produits ou processus utilisés. Vous devrez rassembler toutes les pièces établissant la réalité, la durée et l’intensité de l’exposition au risque.
Quel tribunal est compétent pour trancher ces litiges ?
L’action au titre de la faute inexcusable relève du contentieux de la sécurité sociale. La première étape inclut souvent une phase de recours amiable devant la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Ce traitement préalable permet parfois d’obtenir une indemnisation sans saisir le juge.
Si la voie amiable n’aboutit pas, le litige doit être porté devant le tribunal judiciaire compétent pour connaître du volet indemnitaire. Le dossier technique et médical y sera examiné pour apprécier à la fois l’existence de la faute et le lien de causalité entre le manquement de l’employeur et le préjudice subi.
Quels sont les délais et la procédure à suivre ?
L’action en reconnaissance de faute inexcusable se prescrit en principe par 2 ans. Ce délai commence à courir à des dates distinctes selon qu’il s’agit d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail. Il convient dès lors d’anticiper les échéances pour préserver vos droits.
En matière de maladie professionnelle, le point de départ correspond soit à la date du certificat médical établissant le lien possible entre la pathologie et l’activité professionnelle, soit à la cessation du paiement des indemnités journalières. En cas d’accident, le délai peut courir depuis la date de l’accident, la cessation du travail ou la fin du versement des IJSS.
| Situation | Point de départ du délai de 2 ans |
|---|---|
| Maladie professionnelle | Certificat médical établissant un lien possible avec le travail ou cessation du paiement des indemnités |
| Accident du travail | Date de l’accident, date de l’arrêt de travail ou fin du versement des IJSS |
Quelles réparations le salarié peut-il obtenir ?
La reconnaissance de la faute inexcusable ouvre droit à une indemnisation complémentaire au-delà des prestations de la sécurité sociale. La victime peut voir majorer sa rente d’incapacité permanente ou obtenir une indemnité en capital si tel est le régime applicable. Ces compléments compensent l’aggravation du préjudice causée par le manquement de l’employeur.
La réparation couvre également les préjudices extra-patrimoniaux reconnus par la jurisprudence. Il s’agit notamment des souffrances physiques et morales, du préjudice esthétique, du préjudice d’agrément ou encore du préjudice sexuel. La liste des postes indemnisables dépendra de l’appréciation du juge et des preuves versées au dossier.
Parmi les conséquences pratiques, la CPAM avance généralement les sommes dues puis exerce un recours en remboursement contre l’employeur responsable. Pour préparer votre dossier, pensez à réunir les pièces suivantes :
- rapports médicaux et certificats attestant le lien avec l’activité professionnelle ;
- documents décrivant les tâches, fiches de poste et attestations de collègues ;
- tout élément technique prouvant l’utilisation de produits dangereux ou l’absence de protection.











