Comment calculer la réduction générale dégressive (RGDU) 2026 (ex-réduction Fillon) ?

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 a transformé l’allègement des charges salariales en un dispositif simplifié et élargi, désormais appelé réduction générale dégressive unique ou RGDU. Ce nouvel outil remplace l’ancienne réduction Fillon et vise à rendre plus lisible l’exonération des cotisations patronales pour les rémunérations modestes. Les règles de calcul, les plafonds et les cotisations prises en compte ont évolué, ce qui impose une mise à jour des pratiques de paie et des déclarations. Vous trouverez ici l’essentiel pour comprendre qui est concerné, comment mesurer l’avantage et quels impacts attendre pour 2026.

Qu’est-ce que la RGDU et pourquoi ce changement ?

La RGDU reprend l’idée d’un allègement des cotisations patronales déjà portée par la réduction Fillon, mais avec une formule unifiée et des plafonds révisés. Le dispositif se présente comme une réduction dégressive appliquée sur la rémunération brute annuelle du salarié. Son objectif principal reste le même : réduire le coût du travail pour les rémunérations basses et moyennes.

Le nom et les modalités ont changé à compter du 1er janvier 2026, date d’entrée en vigueur officielle. Plusieurs taux spécifiques, notamment ceux liés à la maladie et aux allocations familiales, ont été supprimés et incorporés dans le calcul de la RGDU. Cette réforme facilite la lecture du dispositif tout en élargissant le champ d’application par rapport à la règle précédente.

La RGDU conserve un caractère dégressif afin de concentrer l’effet sur les rémunérations les plus faibles. Les modalités de calcul reposent désormais sur un coefficient dont la valeur varie selon la rémunération annuelle brute et la taille de l’entreprise. Les modalités déclaratives restent fondées sur la DSN pour l’application pratique au niveau des paies.

Qui peut bénéficier de la réduction générale dégressive unique ?

L’allègement s’adresse principalement aux employeurs du secteur privé assujettis à l’assurance chômage et versant des rémunérations à des salariés affiliés au régime général ou agricole. Les contrats en CDI ou en CDD, à temps plein ou partiel, entrent dans le périmètre lorsque l’employeur remplit ses obligations sociales habituelles.

Certaines entités restent exclues du dispositif. Les administrations publiques, la plupart des établissements publics administratifs et les organismes majoritairement contrôlés par l’État ne peuvent pas bénéficier de la RGDU. Les particuliers employeurs sont également exclus de cet avantage.

Les employeurs concernés doivent respecter les règles de paie et réaliser les déclarations via la DSN pour que la réduction soit prise en compte. En cas de doute, il est prudent de vérifier l’application selon la nature du régime social auquel sont affiliés vos salariés.

Sur quels salaires et quelles cotisations la réduction s’applique-t-elle ?

La RGDU s’applique uniquement sur les rémunérations inférieures à 3 fois le SMIC brut annuel pris en compte au 1er janvier 2026. La prime de partage de la valeur (PPV) est intégrée dans l’assiette lorsque celle-ci est versée au salarié. Les rémunérations supérieures au plafond fixé n’ouvrent plus droit à l’allègement.

Les cotisations et contributions concernées comprennent notamment les assurances sociales de base, la retraite complémentaire obligatoire et une part de la contribution chômage. Le dispositif peut également s’imputer, dans une limite, sur les cotisations AT/MP. La liste ci-dessous résume les principaux postes visés par la réduction.

  • Assurance maladie, maternité, invalidité, décès
  • Assurance vieillesse
  • Allocations familiales
  • Retraite complémentaire légalement obligatoire
  • Contribution d’assurance chômage (dans la limite du taux de droit commun)
  • Contribution au FNAL et contribution solidarité autonomie
  • Part des cotisations AT/MP dans la limite applicable

Comment calcule-t-on l’allègement en 2026 ?

Le montant de la réduction se calcule en multipliant la rémunération annuelle brute du salarié par un coefficient de réduction. Ce coefficient varie selon la rémunération et la taille de l’entreprise, et il est défini par décret pour 2026. L’approche reste donc proportionnelle à la masse salariale concernée.

La formule générale prend en compte le SMIC annuel de référence, deux constantes réglementaires nommées Tmin et Tdelta, ainsi qu’un exposant P fixé à 1,75. La valeur du coefficient est encadrée afin d’assurer une décroissance graduelle de l’avantage lorsque la rémunération augmente jusqu’au plafond des 3 SMIC.

Pour donner un cadre pratique, la formule simplifiée s’exprime ainsi dans les textes : coefficient = Tmin + Tdelta × [(1/2 × (3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute − 1))P]. Les constantes Tmin et Tdelta diffèrent légèrement selon que l’entreprise compte moins de 50 salariés ou 50 salariés et plus.

En pratique, l’employeur effectue ce calcul pour chaque salarié éligible puis inscrit le montant de la réduction dans la DSN. Cette méthode garantit que l’avantage soit corrélé au niveau de rémunération et au dispositif réglementaire en vigueur.

Quelles sont les différences majeures entre la RGDU et l’ancienne réduction Fillon ?

La principale évolution tient à l’amplitude du dispositif. La RGDU s’applique sur une assiette plus large que l’ancienne réduction Fillon, qui ne couvrait que les salaires jusqu’à 1,6 SMIC. Le nouveau plafond porte l’exonération jusqu’à 3 SMIC, ce qui concerne davantage de salariés.

La logique de calcul a aussi été simplifiée par la suppression de certains taux réduits auparavant distincts. Les taux maladie et allocations familiales, par exemple, ont été intégrés dans le mécanisme unique de la RGDU. Ce choix vise à clarifier l’application pour les services de paie et les employeurs.

Le tableau ci-dessous résume les différences fondamentales pour faciliter la comparaison opérationnelle entre les deux régimes.

Critère RGDU (depuis 2026) Réduction Fillon / RGCP (jusqu’en 2025)
Date d’application Applicable depuis le 1er janvier 2026 En vigueur jusqu’au 31 décembre 2025
Salaires concernés Rémunérations inférieures à 3 × SMIC (PPV incluse) Rémunérations inférieures à 1,6 × SMIC (PPV incluse)
Structure des taux Dispositif unique intégrant plusieurs taux précédemment distincts Articulation avec des taux réduits séparés pour maladie et allocations familiales
Formule de calcul Coefficient = Tmin + Tdelta × [(1/2 × (3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute − 1))P] Formule proportionnelle différente fondée sur le rapport au SMIC et un facteur T

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Publiez un commentaire

Publier un commentaire